Retours d’expérience : un document distribué pour expliquer les usages non sexistes de la langue
Dans ma pratique d’enseignante dans le supérieur, l’usage du langage non-sexiste s’est progressivement imposé, même si j’ai dû déconstruire beaucoup d’automatismes. J’ai d’abord décidé d’utiliser le langage non-sexiste « naturellement », que ce soit à l’oral en cours, dans mes documents écrits ou en annotant les copies. Je ne voulais pas marquer ce choix en le formulant explicitement. Cependant, j’ai remarqué que cela pouvait déstabiliser : les étudiantes et étudiants ne comprenaient pas toujours comment il leur était possible de s’approprier ces usages, voire même si elles et ils pouvaient le faire dans un cadre académique. J’ai alors décidé de rédiger un « mémo » pour expliquer simplement ce qu’est le langage/l’écriture non-sexiste, et indiquer quelques ressources facilement accessibles en ligne.
Télécharger le mémo langue inclusive de Blanche Turck
Depuis deux ans, je distribue ce mémo à tous mes groupes de TD (travaux dirigés). Je ne le fais pas forcément lors du premier cours, la prise de contact étant déjà très dense, mais j’essaie néanmoins d’aborder le sujet rapidement. J’ai constaté que ce temps d’échanges permet de réduire la tension polémique associée au langage non-sexiste et contribue à normaliser certains usages : les étudiants et étudiantes se sentent plus légitimes à utiliser les ressources présentées après avoir compris qu’il était facile de les intégrer dans leurs pratiques quotidiennes.
N’hésitez pas à modifier cette fiche pour l’adapter à votre situation d’enseignement, voire à votre propre contexte professionnel : je l’ai partagée, par exemple, avec des personnes non-enseignantes qui souhaitaient intégrer le langage non sexiste dans leurs pratiques professionnelles et se sentaient démunies face aux réactions de leurs collègues.