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Sexualité, avortement, contraception, homosexualité : la révolution sexuelle a-t-elle vraiment existé ?
Blanche Plaquevent
histoire/civilisationsociologie/science politiqueépoque contemporaineluttescorpssexualitéspartenariat EHNE
Le terme de révolution sexuelle qualifie communément un processus de transformation des sexualités qui s’est opéré dans la seconde moitié du xxe siècle dans de nombreux pays occidentaux. Cette qualification n’est pas seulement descriptive : il s’agit d’une interprétation qui analyse ces transformations comme un renversement profond des normes et pratiques sexuelles. L’usage de ce terme est débattu, autant par des sociologues, historiennes et historiens que dans le débat public. Le terme de révolution sexuelle renvoie également à un concept politique historiquement situé, qui a particulièrement circulé dans l’entre-deux-guerres et les années 1968.

L’orientalisme au prisme du genre et des sexualités
Giselle Bernard
artshistoire/civilisationlittérature/linguistiquesexualitéscorpsintersectionnalitémasculinitésépoque contemporainepartenariat EHNE
L’orientalisme peut désigner à la fois un mouvement culturel et artistique et, dans la théorie développée par Edward Saïd, la production d’imaginaires faits d’espaces exotiques, stéréotypés et présentés comme inférieurs, moins développés, par rapport à l’Europe. Dans un cas comme dans l’autre, l’orientalisme a une forte dimension genrée et sexualisée : l’Orient est associé au féminin, à la lascivité et aux sexualités non normatives. En réalité, il n’existe pas un mais plusieurs orientalismes et des femmes ont pris part à leur construction. Ces imaginaires ont pour point commun d’avoir tous participé à la construction des subjectivités sexuelles de la modernité.

Les hystériques de la Salpêtrière au 19e siècle faisaient-elles semblant d’être malades ?
Mathilde Castanié
Dans l’ouvrage Medical Muses. Hysteria in Nineteenth-Century, Asti Hustvedt étudie trois patientes de Charcot – Blanche, Augustine et Geneviève –, hystériques célèbres des années 1870, à La Salpêtrière. Le diagnostic d’hystérique, honteux, est pourtant emblématique de la condition féminine au 19e siècle et de ses empêchements. L’hystérie, à cette période, n’est pas seulement une préoccupation de médecins mais un imaginaire social incarné dans la presse, les photographies, sculptures, peintures, dessins et romans. Les hystériques en constituent les protagonistes : la théâtralité des symptômes est aussi à comprendre comme le seul espace d’expression possible pour la souffrance de ces femmes.

L’affaire Violette Nozière : relire le parricide au prisme du genre
Zoé Poli, Juliette Zanetta
Dans son ouvrage Violette Nozière, la fleur du mal. Une histoire des années trente (Paris, Champ Vallon, 2017), l’historienne Anne-Emmanuelle Demartini retrace la réception d’un fait divers qui a marqué la société des années 1930 : l’affaire de la parricide Violette Nozière. À partir de ce cas, elle explore la manière dont le genre façonne les imaginaires sociaux. Pour ce faire, elle s’appuie à la fois sur les archives de la justice et sur la presse, foisonnante durant l’entre-deux-guerres.
