Aymeri Duler
Aymeri Duler est doctorant en histoire de l’art contemporain à Sorbonne Université (Paris). Ses recherches portent sur l’émergence d’une sensibilité camp dans l’art américain des années 1960. Sa thèse, co-dirigée par Valérie Mavridorakis (Sorbonne Université) et Damien Delille (Université Lumière Lyon II), examine les sources de « Notes on Camp » de Susan Sontag ainsi que son influence sur le monde de l’art new-yorkais. Aymeri Duler est membre de Philomel, un groupe de recherche transdisciplinaire consacré à la promotion des études de genre à Sorbonne Université, et co-anime un atelier doctoral centré sur le partage de recherches liées au genre et à la sexualité. En parallèle de sa thèse, il enseigne l’histoire de l’art contemporain à l’Université de Picardie Jules Verne (Amiens).

Qu’est-ce que le camp ? Approches esthétiques et socio-historiques en Angleterre et aux Etats-Unis (1868-1972)
Le camp est une notion qui prend racine dans l’argot homosexuel britannique du XIXe siècle. Dans son contexte d’émergence, le terme désigne une appropriation autoparodique de l’efféminement attribué aux hommes homosexuels. Popularisé par les « Notes on Camp » (1964) de l’essayiste américaine Susan Sontag, il est ensuite défini comme une sensibilité à des objets dont la forme excessive prime sur le fond. Deux approches concurrentes se dessinent : l’une ancre le camp dans son contexte homosexuel, tandis que l’autre privilégie une lecture formelle et esthétique. Comment, dès lors, penser le camp à partir d’un regard à la fois communautaire et esthétique ?